Dans les délétères délectations de sa languide agonie, Démonce est mort, je suppose que je le soupçonne même d'être mort d'avoir aimé la mort. Avalons volontiers les létales et vives voluptés. Tendre trépas, tendre trépas. Et sinon, il ne reste que Mièvre, pauvre Mièvre, qui, dans sa décadente candeur, vit encore peut-être un peu, de ses mièvres rêves.
Démonce — Ainsi cessent les instants de son existence.
Pernice — Lorsque tu t'étendras et t'éteindras tendrement,
Tel triste spectre, dans ton sépulcre, au crépuscule, tu t'écriras,
Languide et lugubre énergumène à l'agonie : « J'aurais aimé que la vie redevienne comme auparavant,
Lorsque le monde lui-même semblait sublime lumière...! »
— Avant de t'effondrer sans force,
Loin de l'infini dont tu fantasmais tant,
Dans les froides profondeurs de l'enfer de ta fosse funeste.
Perdue dans sa propre pénombre, où soupirent et transpirent de funestes parfums, dans les dernières de ses délétères délectations, telle éternellement étendue sur son lit voilé de velours voluptueux, une svelte silhouette soudain se souvient d'anciens instants étincelants, laissant languissamment ses sens essoufflés dans sa foudre fondre, et s'endormir dans ses dernières ardeurs ses entrailles qu'étreint l'âpre trépas, auprès de la présence spectrale de sa nuit d'insondable noirceur glacée, sa sombre semblable.
Le soleil du soir dardait encore de sa splendeur ardente, et, dans sa douce descente, son scintillement semblait un peu plus intense, comme pour donner ses derniers instants étincelants à un monde en décadence, dont l'éclat déliquescent persistait sous le crépuscule obscur de son âpre putrescence.
Perdue dans l'épanchement de ces délires lyriques, son âme crut découvrir et comprendre qu'en dépit de tout son hypothétique intellect intense, elle n'avait de l'univers qu'une pensée prosaïque, et n'était ni une âme monde, au sens où son âme serait aussi un monde-même dans le monde; son âme était seulement un élément se mouvant dans un monde immense qui lui-même ne représentait rien.
Dans l'univers de ses rêveries, envoûtantes vastes vanités, elle envisageait encore rencontrer quelque chose, quelqu'un, le souffle d'un signe, un énigmatique inconnu au coeur noble et sublime, qui la sauverait et la ravirait vers le royaume rayonnant de ses propres astres qu'il lui aurait en secret créé pour le lui consacrer. Et, aux orées noires de l'amère mort, quand elle entendit éclater en elle les échos de la cadence de sa strangulation stridente, lorsque son agonie organique lui arracha et lui déchira la chair, dans l'étreinte du trépas, ses mornes murmures s'évanouirent dans le crépuscule de cristal venu ensevelir sa vie.
Emportée par une folle rafale, une fleur flétrie s'envola et s'en alla effleurer de ses pétales putrides la pâle peau de son visage vagabond, l'éveillant de ses rêveries vespérales. Ses doigts engourdis tentèrent de la saisir, cette ténébreuse rose, pour la préserver précieusement, or, déjà désirée par la bise, qui la ravit de ses vives vagues, sa mystérieuse image vint à l'élever et à s'évanouir dans l'immense ciel que la douce noirceur du soir commençait à ensevelir de son linceul. Et, lorsque ses yeux épuisés voulurent revoir cette beauté d'ébène, encore, elle eût disparu, déjà, à jamais.
Troublé, transi, par ce souffle froid qui déferlait à travers la vaste ville, Mièvre sentit frémir son coeur craintif, et songea si son souhait était de chercher quelque charmante chaleur en cet énorme univers.
La svelte silhouette d'un étrange être, androgyne dégénéré, lugubre hybride,
Rôdait, indolente, dans le monde désert.
Quelle était cette incroyable créature ? Etait-ce un mâle ? Etait-ce une femelle ? Seule elle ne l'ignorait peut-être pas.
Clairs et éclatants comme le cristal, les flots du fleuve flegmatique s'écoulaient calmement... mais, gisants et figés dans leur géhenne, ni le temps ni l'existence ne vinrent à en finir et à s'enfuir. Et, telles de superbes perles pures, les pâleurs premières du printemps avaient reparu pour répandre leur splendeur sur les paisibles prés... mais les froides profondeurs de son esprit transi ne vinrent à renaître et à revivre.Et les mois moururent, sur le même amer chemin.
pandorarts : http://alejandro.cowblog.fr/et-les-gagnant-sont-3055179.html je m'excuse d'avance pour la publicité, mais il y a quelques lignes que tu devrais lire ;)
Elyprexa : J'aime bien le concept "je suis une commère". (voilà pour le tag HS, merci, merci)
Ewen : Je repasse par ici de temps en temps, laisse une trace. Je lis. J'absorbe. Bonne continuation.
nebuleuse : A bientôt, puisque je viens déjà régulièrement dans ce lieu...
Like-a-cherry : J'adore ton blog il est génial=) bonne continuation!
m : j'aime cet univers de noirceur.. des photos superbes et des textes qui me parlent..
LesNomsDblogSntTjrsFascinant : Il est rare justement que je laisse plusieurs comentaires sur 1 même blog, ms le tien est une exception, je ne m'ennuie pas a lire tes articles, ils m'intéressent et me font réfléchir, alors laisser une petite marque par un commentaire, c bien le minimum